Les forêts du Guyana font partie du plateau des Guyanes, l’un des plus vastes blocs de forêt tropicale intacte qui subsistent sur Terre. La faible densité humaine et la difficulté d’accès ont préservé des populations animales en bonne santé, et plusieurs lodges existent précisément grâce à certains animaux. Mais c’est une forêt tropicale, pas une plaine ouverte : les animaux se voient à force de patience, de départs matinaux et de bons guides locaux, pas en troupeaux depuis un véhicule. Rien sur cette page n’est garanti.
Les animaux pour lesquels on vient
| Espèce | Meilleurs endroits | Quand | Chances réalistes |
|---|---|---|---|
| Loutre géante | Karanambu, Rewa, la rivière Rupununi ; Iwokrama | Toute l’année ; plus facile quand les rivières sont basses (de septembre à avril environ) | Bonnes sur un séjour de deux ou trois nuits |
| Tamanoir (fourmilier géant) | La savane du nord du Rupununi, autour de Karanambu | Toute l’année, à l’aube | Bonnes avec des pisteurs locaux |
| Jaguar | La route qui traverse Iwokrama ; les berges des rivières du Rupununi | Saisons sèches, à l’aube et au crépuscule | Possible, jamais promis — beaucoup de visiteurs le manquent |
| Caïman noir | Yupukari (Caiman House), Karanambu, Iwokrama | Toute l’année, de nuit | Très bonnes |
| Arapaïma | Rewa, les étangs et bras morts du Rupununi | Saison sèche, quand les poissons sont concentrés | Bonnes à Rewa ; on le voit remonter respirer en surface |
| Harpie féroce | Monts Kanuku, Surama, Iwokrama, Rewa | Dépend de la présence d’un nid actif | Bonnes quand un nid est occupé ; sinon peu probables |
| Coq-de-roche orange | Kaieteur ; Wowetta et la forêt près d’Atta et de Surama | Les leks sont les plus actifs en début d’année | Bonnes sur les leks connus |
| Tortues marines (quatre espèces) | Shell Beach | De mars à août environ | Bonnes au plus fort de la saison |
| Hoazin (l’oiseau national) | Rivières Mahaica et Abary, la Canje | Toute l’année, tôt le matin | Très bonnes |
| Lamantin des Caraïbes | Le Jardin botanique de Georgetown et les étangs du National Park | Toute l’année | Quasi certaines |
Calendrier de la faune
Au Guyana, les saisons sont dictées par la pluie, non par la température. Les dates varient d’une année à l’autre : voyez-y des tendances.
| Mois | Conditions | Favorable pour |
|---|---|---|
| Janvier | Fin de la petite saison des pluies sur la côte ; Rupununi le plus souvent sec | Leks de coqs-de-roche, observation des oiseaux en forêt entre deux averses |
| Février–avril | Grande saison sèche | Chances de jaguar sur la route d’Iwokrama, loutres géantes, arapaïmas, premières tortues à Shell Beach à partir de mars environ |
| Mai–août | Grande saison des pluies ; rivières hautes, savane inondée | Kaieteur en pleine crue, ponte des tortues, oiseaux d’eau sur le Rupununi inondé ; les mammifères sont plus difficiles à trouver |
| Septembre–novembre | Seconde saison sèche ; rivières en décrue | Souvent la meilleure période à tous égards : loutres, caïmans, pêche, plages de rivière, sentiers faciles |
| Décembre | Début de la petite saison des pluies sur la côte et en forêt | Lodges plus calmes ; l’ornithologie reste bonne |
Ornithologie
Plus de 800 espèces ont été recensées, et les ornithologues viennent pour les spécialités du plateau des Guyanes : coq-de-roche orange, harpie féroce et harpie huppée, coracine chauve, coracine rouge, agami trompette et, dans les savanes, la conure soleil et le chardonneret rouge, tous deux très localisés. Un voyage ornithologique type de deux semaines couvre la côte (le Jardin botanique et les rivières à hoazins), Kaieteur, Iwokrama et Atta, Surama et le Rupununi.
- Le Jardin botanique de Georgetown offre une première matinée réellement intéressante : perroquets, toucans, le pic rougeâtre et une longue liste d’autres espèces avant le petit déjeuner.
- La passerelle de la canopée d’Iwokrama vous met à hauteur d’yeux des rondes d’oiseaux de la canopée, à l’aube.
- Les guides spécialisés font une différence énorme ; beaucoup des meilleurs viennent des villages eux-mêmes. Demandez expressément un guide ornithologue au lodge ou à l’opérateur.
Pêche
Les rivières du Guyana abritent le peacock bass (appelé ici lukanani), le payara, l’arowana, de gros poissons-chats et l’arapaïma, l’un des plus grands poissons d’eau douce à écailles du monde. La pêche sportive se pratique avec remise à l’eau (no-kill) par l’intermédiaire de quelques lodges communautaires — Rewa est le plus connu pour l’arapaïma à la mouche —, dans le cadre d’accords qui limitent le nombre de pêcheurs chaque saison. La saison suit les basses eaux des mois secs ; dates et permis sont gérés par le lodge ou par un opérateur spécialisé dans la pêche, et les séjours se réservent longtemps à l’avance.
Ailleurs, le personnel des lodges emmènera volontiers ses hôtes quelques heures, ligne à main en poche, taquiner le piranha ou le lukanani pour la marmite. Ne pêchez jamais dans les eaux d’un village sans demander.
Observer la faune de façon responsable
- Faites appel aux guides locaux et aux lodges communautaires — ces revenus sont la raison pour laquelle les habitats sont préservés.
- Gardez vos distances avec les catiches de loutres, les nids et les tortues en ponte ; suivez les consignes du guide sur les lampes et le flash.
- Ne demandez pas que l’on appâte les animaux, qu’on les manipule ou qu’on les poursuive en bateau.
- N’achetez pas de produits issus de la faune sauvage, plumes et écaille de tortue comprises.
